Marseille, ville nourricière
Marseille, ville nourricière
Grand Format
Marseille
Daphné Janssaud
Julien Oppenheim
Il y a à peine plus d’un demi-siècle, Marseille produisait assez de nourriture pour être autosuffisante. Aujourd’hui, elle n’alimente que 2% de sa population. Mondialisation et nouveaux modes de consommation sont passés par là mais les consciences se réveillent et avec elles l’envie de revenir à l’essentiel. Tour d’horizon de trois initiatives soutenues par le Fonds Épicurien qui remettent l’agriculture urbaine au cœur de notre société en prônant une alimentation durable, locale et accessible.

LA TERRE EN PARTAGE



De la place Jean Jaurès au bout de la rue Saint-Pierre s’étendent les 3,4 km qui en font la plus longue rue de Marseille. C’est entre les numéros 603 et 623, au croisement des quartiers de Saint-Jean-du-désert, de la Timone et de la Pomme, que Le Talus s’est installé.
C’est sur une ancienne friche, autrefois base de vie de chantier lors de la construction des autoroutes, que l’idée a pris racines. Celle “d'un tiers lieu pensé comme un laboratoire à ciel ouvert de la transition écologique”, développée par Valentin Charvet et Carl Pfanner, et soutenue par l'association Heko Farm. En avril 2018, après de longs mois de négociation et de démonstration de faisabilité, ils récupèrent cet espace devenu dépôt sauvage et en amorcent la transformation. À travers des chantiers participatifs et l’aide de nombreux bénévoles, ils nettoient, aménagent, carottent les sols qui s’avèrent pauvres mais sains et les enrichissent de plus de 600 tonnes de matières fertiles. Les premières cultures sont lancées, sous l’égide d’un “maraîchage biologiquement-intensif”, ce qui signifie que la terre -non retournée- est fertilisée naturellement, sans engrais ni chimie, grâce à un sol vivant riche en vers, champignons et bactéries. En mars 2019, le lieu s’ouvre au public et le projet prend toute sa dimension, jusqu’à compter aujourd’hui 1 700 adhérents, 6 salariés et plusieurs services civiques. Ici, chacun peut agir à sa manière pour reconnecter un tant soit peu avec la terre. Les légumes, herbes aromatiques et fleurs comestibles sont disponibles à la vente directe en auto-cueillette et il est possible de louer son propre bac potager. Pour aller plus loin, chacun peut demander un bio-seau pour collecter chez lui ses déchets organiques et les déposer dans les composteurs collectifs. Au fond de la parcelle, un espace buvette et restauration accueille sous ses treilles les adhérents et se fait souvent l’écrin de la programmation culturelle et festive de l’association. Des ateliers et formations sont également dispensés, pouvant se transformer en cycles pédagogiques complets pour les écoles alentours. Car au Talus ce qui importe c’est l’ouverture et le partage : “Ce que l’on favorise c’est le commun, le collectif et le lien social. Et tout cela centré autour d’un environnement vivant” commente Carl pour qui tout se joue dans “une volonté de concilier actions urbaines et sociales autour d’une véritable viabilité environnementale”. Cette année, le projet étend ses frontières avec “le Talus Village”, un terrain de 4500 m2 en face du jardin ouvert à des projets répondant aux enjeux de transition écologique et sociale. Treize containers proposés en bureaux partagés et un espace extérieur comme une place de village, pour des initiatives inclusives et porteuses désireuses de construire dans la durabilité et la résilience.

LES IDÉES CLAIRES



Durabilité et résilience, Marion Schnorf en a fait la ligne directrice de son projet, une utopie pourtant bien ancrée dans le réel. Lorsqu’elle créé en 2015 la Cité de l’Agriculture, sa volonté première est d’influer de manière positive et de donner les moyens au territoire qu’elle habite d’amorcer sa propre transition écologique. Son constat est double : il existe beaucoup de structures qui s’inscrivent dans une démarche d’alimentation durable et locale, mais rien ne les relie entre elles et les écarts au sein de la population sont considérables malgré un grand potentiel inexploité. S’engage alors plus de trois ans de travail acharné, de prêts d’amorçage pour les premières embauches et de démarchages pour faire valoir sa vision et recevoir enfin un premier financement public. Car oui, c’est bien d’intérêt public qu’il s’agit lorsqu’on ramène dans le débat la question de l’agriculture et de l’alimentation dans une ville qui exporte 90% de ce qu’elle produit et importe 90% de ce qu’elle mange !
Pourtant Marion ne s’en tient pas à cela et maintient depuis le début son cap exigeant en essayant “de s’attacher à des projets concrets qui donnent le sentiment d’avancer et de construire” tout en structurant son rôle d’accompagnement et de formation, à la limite de l’incubateur. Comme un état des lieux sur lequel tout est amené à reposer et dans “une logique de chercher les ressources existantes avant de créer de nouveaux acteurs”, le premier projet d’ampleur est le recensement méticuleux des initiatives existantes. Ce sont ainsi plus de 400 structures qui viennent constituer le premier annuaire du genre, jusqu’ici édité en format papier et bientôt disponible en ligne, tissant ainsi les premières trames d’un écosystème amené à grandir et à se ramifier. Voulant également y prendre part “en vrai”, toujours dans cette “démarche de recherche/action” selon laquelle “c’est en défrichant et en expérimentant que l’on peut trouver les moyens de dupliquer et de monter en compétence”, la ferme Capri voit le jour en 2019. Installée dans le 15ème arrondissement, un des “déserts alimentaires” de Marseille, elle se veut à la fois vitrine et pilote, pour sensibiliser et accueillir les personnes des quartiers alentours et servir de modèle reproductible pour de futures installations. Et même si elle ne propose que de la vente directe, elle vient directement se ranger aux côtés d’une autre entreprise particulièrement forte, le Marché Retrouvé en partenariat avec la Cité des Arts de la Rue aux Aygalades. L’idée, une fois encore, est de ramener un accès à des produits sains et frais dans des espaces urbains délaissés sans entretenir les clivages, mais en proposant au contraire de servir de support aux échanges et à la mixité. Et c’est dans cette continuité que la cantine Persil a ouvert en 2018, comme pilote d’un modèle professionnel de restauration reposant sur un approvisionnement local, frais et durable en ramenant du sens et de la conscience dans l’assiette. Le pari est tenu !
Là où beaucoup s’arrêtent au “faire”, Marion et son équipe revendique un véritable travail de recherche et d’analyse, aux frontières entre agriculture, sociologie et urbanisme. A chaque sujet s’adjoint sa recherche d’impact, son étude préliminaire ou son examen technique, menés par une chercheuse salariée à part entière et parfois en coopération avec d’autres acteurs comme l’INRAE. De cette manière, la Cité embrasse en toute légitimité son rôle de porteur de projet qui lui fait aider, informer, supporter et accompagner en moyenne une vingtaine d’initiatives choisies chaque année et proposer désormais un véritable cycle de formation autour du maraîchage urbain et de l’alimentation durable. De quoi s’approcher au plus près de son but : “remettre en culture et en nature les 230 ha potentiellement disponibles à Marseille” tout en contribuant “à une alimentation plus saine et durable pour l’ensemble de la population”.

LA FORCE VIVE



Et s’il y en a qui ont bien réussi à mettre en place ces principes, ce sont bien eux !
Née de l’envie de changer les choses, d’inventer de nouveaux modèles d’agriculture et de reconnecter la ville et la campagne, Terre de Mars a vu le jour en janvier 2015, portée par 4 amis éveillés aux enjeux de la ville et des territoires contemporains. Arthur, Maxime et Pablo n’ont pas hésité lorsque Augustin leur a proposé de reprendre la bastide familiale, nichée aux confins du 14ème et du quartier de Sainte-Marthe, pour la transformer en ferme agricole et traiteur. “Nous voulions être directement dans le faire, pour construire en apprenant” dit simplement Augustin à qui il a néanmoins fallu quelques discussions pour convaincre sa famille. Mais très vite l’aventure prend forme et le Mas des Gorguettes - illustration parfaite des espaces où était autrefois produite une partie des aliments de la ville – reprend vie… au départ 500 m2, puis 1000, 3 500, 1 ha pour finalement arriver aujourd’hui à 2 ha exploités par un maraîchage inspiré de la permaculture où les vergers aux arbres fixateurs d’azote abritent certaines cultures. “On essaie de copier la nature, les fruitiers attirent les vers et les oiseaux. Il faut s’inscrire dans une synergie, être une composante dans le vivant”. Une circularité qui s’étend à toute la structure et particulièrement au composte qui est le ferment de leur exploitation certifiée AB (Agriculture Biologique). Outre les déchets générés par l’exploitation elle-même, sont également collectés près de 100 kg par semaine auprès de plusieurs partenaires, comme la drêche4 de la brasserie Zoumaï qui accueille également une vente hebdomadaire de leurs légumes.
Côté plantations, les semis de plus de 40 légumes et 150 variétés différentes sont préparés soit sur place, soit achetés auprès d’acteurs locaux entre Aix et Aubagne “il nous paraît primordial d’être dans une continuité de valeurs en restant résolument locaux !”. Quelques amandiers et oliviers viennent compléter les cultures et plus de 150 poules traitées comme des reines fournissent des œufs frais biologiques à la vente et en cuisine. Car toute l’innovation est là : ne faire qu’un pas du champ à l’assiette ! C’est donc autour d’une cuisine qui fait la part belle aux fruits et légumes cultivés in situ et aux produits frais et ultra locaux que Terre de Mars élabore ses menus et se revendique joliment “paysans-traiteurs”.
À l’équilibre depuis 2 ans, l’entreprise emploie désormais l’équivalent de 6 temps plein et prône une vision moderne de l’agriculture, où les week-ends sont préservés et des vacances réservées à tous. Car “ce qui nous tient à cœur c’est de produire des produits de qualité et sains dans les respect de l’environnement, tout en vivant de ce qu’on aime, mais en vivant vraiment !”.
Coup de chance, la métropole a pour projet d’installer un parc agricole de près de 200 ha juste à côté, sur les contreforts du massif de l’Etoile.

ESPACES EN DEVENIR



Et si l’avenir était là, dans toutes ces initiatives portées à bras le corps par des gens convaincus qu’un futur plus naturel, plus local, plus essentiel et plus cohérent est possible ?
À travers les valeurs prônées de partage, d’engagement, de transmission, chacun à sa manière nourri un terreau fertile du mieux faire et ramène à s’interroger sur la place que devraient prendre à leurs côtés les politiques publiques. Mais également chacun de nous, consommateurs urbains.
Soutenir la relocalisation et ouvrir les espaces inutilisés à l’agriculture, y faire revenir la nature et s’engager pour une alimentation durable accessible à tous, n’est-ce pas là ce que nous tous devrions faire en tant que citoyens ?

LA TERRE EN PARTAGE



De la place Jean Jaurès au bout de la rue Saint-Pierre s’étendent les 3,4 km qui en font la plus longue rue de Marseille. C’est entre les numéros 603 et 623, au croisement des quartiers de Saint-Jean-du-désert, de la Timone et de la Pomme, que Le Talus s’est installé.
C’est sur une ancienne friche, autrefois base de vie de chantier lors de la construction des autoroutes, que l’idée a pris racines. Celle “d'un tiers lieu pensé comme un laboratoire à ciel ouvert de la transition écologique”, développée par Valentin Charvet et Carl Pfanner, et soutenue par l'association Heko Farm. En avril 2018, après de longs mois de négociation et de démonstration de faisabilité, ils récupèrent cet espace devenu dépôt sauvage et en amorcent la transformation. À travers des chantiers participatifs et l’aide de nombreux bénévoles, ils nettoient, aménagent, carottent les sols qui s’avèrent pauvres mais sains et les enrichissent de plus de 600 tonnes de matières fertiles. Les premières cultures sont lancées, sous l’égide d’un “maraîchage biologiquement-intensif”, ce qui signifie que la terre -non retournée- est fertilisée naturellement, sans engrais ni chimie, grâce à un sol vivant riche en vers, champignons et bactéries. En mars 2019, le lieu s’ouvre au public et le projet prend toute sa dimension, jusqu’à compter aujourd’hui 1 700 adhérents, 6 salariés et plusieurs services civiques. Ici, chacun peut agir à sa manière pour reconnecter un tant soit peu avec la terre. Les légumes, herbes aromatiques et fleurs comestibles sont disponibles à la vente directe en auto-cueillette et il est possible de louer son propre bac potager. Pour aller plus loin, chacun peut demander un bio-seau pour collecter chez lui ses déchets organiques et les déposer dans les composteurs collectifs. Au fond de la parcelle, un espace buvette et restauration accueille sous ses treilles les adhérents et se fait souvent l’écrin de la programmation culturelle et festive de l’association. Des ateliers et formations sont également dispensés, pouvant se transformer en cycles pédagogiques complets pour les écoles alentours. Car au Talus ce qui importe c’est l’ouverture et le partage : “Ce que l’on favorise c’est le commun, le collectif et le lien social. Et tout cela centré autour d’un environnement vivant” commente Carl pour qui tout se joue dans “une volonté de concilier actions urbaines et sociales autour d’une véritable viabilité environnementale”. Cette année, le projet étend ses frontières avec “le Talus Village”, un terrain de 4500 m2 en face du jardin ouvert à des projets répondant aux enjeux de transition écologique et sociale. Treize containers proposés en bureaux partagés et un espace extérieur comme une place de village, pour des initiatives inclusives et porteuses désireuses de construire dans la durabilité et la résilience.

LES IDÉES CLAIRES



Durabilité et résilience, Marion Schnorf en a fait la ligne directrice de son projet, une utopie pourtant bien ancrée dans le réel. Lorsqu’elle créé en 2015 la Cité de l’Agriculture, sa volonté première est d’influer de manière positive et de donner les moyens au territoire qu’elle habite d’amorcer sa propre transition écologique. Son constat est double : il existe beaucoup de structures qui s’inscrivent dans une démarche d’alimentation durable et locale, mais rien ne les relie entre elles et les écarts au sein de la population sont considérables malgré un grand potentiel inexploité. S’engage alors plus de trois ans de travail acharné, de prêts d’amorçage pour les premières embauches et de démarchages pour faire valoir sa vision et recevoir enfin un premier financement public. Car oui, c’est bien d’intérêt public qu’il s’agit lorsqu’on ramène dans le débat la question de l’agriculture et de l’alimentation dans une ville qui exporte 90% de ce qu’elle produit et importe 90% de ce qu’elle mange !
Pourtant Marion ne s’en tient pas à cela et maintient depuis le début son cap exigeant en essayant “de s’attacher à des projets concrets qui donnent le sentiment d’avancer et de construire” tout en structurant son rôle d’accompagnement et de formation, à la limite de l’incubateur. Comme un état des lieux sur lequel tout est amené à reposer et dans “une logique de chercher les ressources existantes avant de créer de nouveaux acteurs”, le premier projet d’ampleur est le recensement méticuleux des initiatives existantes. Ce sont ainsi plus de 400 structures qui viennent constituer le premier annuaire du genre, jusqu’ici édité en format papier et bientôt disponible en ligne, tissant ainsi les premières trames d’un écosystème amené à grandir et à se ramifier. Voulant également y prendre part “en vrai”, toujours dans cette “démarche de recherche/action” selon laquelle “c’est en défrichant et en expérimentant que l’on peut trouver les moyens de dupliquer et de monter en compétence”, la ferme Capri voit le jour en 2019. Installée dans le 15ème arrondissement, un des “déserts alimentaires” de Marseille, elle se veut à la fois vitrine et pilote, pour sensibiliser et accueillir les personnes des quartiers alentours et servir de modèle reproductible pour de futures installations. Et même si elle ne propose que de la vente directe, elle vient directement se ranger aux côtés d’une autre entreprise particulièrement forte, le Marché Retrouvé en partenariat avec la Cité des Arts de la Rue aux Aygalades. L’idée, une fois encore, est de ramener un accès à des produits sains et frais dans des espaces urbains délaissés sans entretenir les clivages, mais en proposant au contraire de servir de support aux échanges et à la mixité. Et c’est dans cette continuité que la cantine Persil a ouvert en 2018, comme pilote d’un modèle professionnel de restauration reposant sur un approvisionnement local, frais et durable en ramenant du sens et de la conscience dans l’assiette. Le pari est tenu !
Là où beaucoup s’arrêtent au “faire”, Marion et son équipe revendique un véritable travail de recherche et d’analyse, aux frontières entre agriculture, sociologie et urbanisme. A chaque sujet s’adjoint sa recherche d’impact, son étude préliminaire ou son examen technique, menés par une chercheuse salariée à part entière et parfois en coopération avec d’autres acteurs comme l’INRAE. De cette manière, la Cité embrasse en toute légitimité son rôle de porteur de projet qui lui fait aider, informer, supporter et accompagner en moyenne une vingtaine d’initiatives choisies chaque année et proposer désormais un véritable cycle de formation autour du maraîchage urbain et de l’alimentation durable. De quoi s’approcher au plus près de son but : “remettre en culture et en nature les 230 ha potentiellement disponibles à Marseille” tout en contribuant “à une alimentation plus saine et durable pour l’ensemble de la population”.

LA FORCE VIVE



Et s’il y en a qui ont bien réussi à mettre en place ces principes, ce sont bien eux !
Née de l’envie de changer les choses, d’inventer de nouveaux modèles d’agriculture et de reconnecter la ville et la campagne, Terre de Mars a vu le jour en janvier 2015, portée par 4 amis éveillés aux enjeux de la ville et des territoires contemporains. Arthur, Maxime et Pablo n’ont pas hésité lorsque Augustin leur a proposé de reprendre la bastide familiale, nichée aux confins du 14ème et du quartier de Sainte-Marthe, pour la transformer en ferme agricole et traiteur. “Nous voulions être directement dans le faire, pour construire en apprenant” dit simplement Augustin à qui il a néanmoins fallu quelques discussions pour convaincre sa famille. Mais très vite l’aventure prend forme et le Mas des Gorguettes - illustration parfaite des espaces où était autrefois produite une partie des aliments de la ville – reprend vie… au départ 500 m2, puis 1000, 3 500, 1 ha pour finalement arriver aujourd’hui à 2 ha exploités par un maraîchage inspiré de la permaculture où les vergers aux arbres fixateurs d’azote abritent certaines cultures. “On essaie de copier la nature, les fruitiers attirent les vers et les oiseaux. Il faut s’inscrire dans une synergie, être une composante dans le vivant”. Une circularité qui s’étend à toute la structure et particulièrement au composte qui est le ferment de leur exploitation certifiée AB (Agriculture Biologique). Outre les déchets générés par l’exploitation elle-même, sont également collectés près de 100 kg par semaine auprès de plusieurs partenaires, comme la drêche4 de la brasserie Zoumaï qui accueille également une vente hebdomadaire de leurs légumes.
Côté plantations, les semis de plus de 40 légumes et 150 variétés différentes sont préparés soit sur place, soit achetés auprès d’acteurs locaux entre Aix et Aubagne “il nous paraît primordial d’être dans une continuité de valeurs en restant résolument locaux !”. Quelques amandiers et oliviers viennent compléter les cultures et plus de 150 poules traitées comme des reines fournissent des œufs frais biologiques à la vente et en cuisine. Car toute l’innovation est là : ne faire qu’un pas du champ à l’assiette ! C’est donc autour d’une cuisine qui fait la part belle aux fruits et légumes cultivés in situ et aux produits frais et ultra locaux que Terre de Mars élabore ses menus et se revendique joliment “paysans-traiteurs”.
À l’équilibre depuis 2 ans, l’entreprise emploie désormais l’équivalent de 6 temps plein et prône une vision moderne de l’agriculture, où les week-ends sont préservés et des vacances réservées à tous. Car “ce qui nous tient à cœur c’est de produire des produits de qualité et sains dans les respect de l’environnement, tout en vivant de ce qu’on aime, mais en vivant vraiment !”.
Coup de chance, la métropole a pour projet d’installer un parc agricole de près de 200 ha juste à côté, sur les contreforts du massif de l’Etoile.

ESPACES EN DEVENIR



Et si l’avenir était là, dans toutes ces initiatives portées à bras le corps par des gens convaincus qu’un futur plus naturel, plus local, plus essentiel et plus cohérent est possible ?
À travers les valeurs prônées de partage, d’engagement, de transmission, chacun à sa manière nourri un terreau fertile du mieux faire et ramène à s’interroger sur la place que devraient prendre à leurs côtés les politiques publiques. Mais également chacun de nous, consommateurs urbains.
Soutenir la relocalisation et ouvrir les espaces inutilisés à l’agriculture, y faire revenir la nature et s’engager pour une alimentation durable accessible à tous, n’est-ce pas là ce que nous tous devrions faire en tant que citoyens ?

VOIR LA FICHE DE la ferme des bouis
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