Le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir. Dix années durant, Julia Sammut a enquêté dans le monde de la restauration et de la gastronomie et c’est lors d’un “énième reportage sur le calisson d’Aix” que lui est venue l’idée d’une adresse à mi-chemin entre le bistrot, la trattoria, l’épicerie de proximité, un lieu qui lui ressemblerait, une adresse de bon goût et chaleureuse. Un changement de vie évident auquel tous ses amis l’invitaient mais la jeune femme s’estimait alors trop timide pour se lancer. “La peur s’est envolée, désormais j’accueille comme chez moi et dresser les tables à 11 heures, j’adore ça” dit-elle. Nulle part ailleurs qu’à Noailles, l’épicerie n’aurait pu voir le jour “car c’est le quartier de mes origines, il y a dans la rue d’Aubagne une part de notre Tunisie familiale” poursuit Julia, devenue chef d’orchestre d’un lieu de vie “d’une épicerie comme il en existait tant autrefois, comme on les trouve encore en Italie”. L’Italie, le pays où il est facile de se mettre à table, le pays “où le plaisir réside dans les détails du quotidien”. On trouve chez Julia Sammut une sélection de produits qui pousse à se mettre aux fourneaux, des tagliatelles au citron, des câpres de Salina, de l’huile d’arachide du Puy de Dôme, un jambon calabrais, de l’épaule de cochon cuite et légèrement fumée, les épices de la Famille Roellinger, le zaatar libanais de Kamal Mouzawak, les petits-beurre au chocolat de Bordier, un miel des montagnes catalanes à tomber, de la pâte à gyoza au rayon surgelé, du miso de Bourgogne. “Je ne m’enferme sur aucun territoire, ce qui importe, c’est la relation nouée avec le producteur”. L’épicerie l’Idéal, c’est surtout une équipe “que chacun enrichit avec son identité”, dit Julia Sammut qui se verrait bien un jour ouvrir un restaurant juste en face “pour célébrer le métier”.

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