Le destin d’une vie tient à peu de choses. Un mouvement révolutionnaire, la volonté de ne pas imposer une vie de bohème à sa famille et la rencontre avec une ville hors du commun : Saint-Tropez… C’est la jolie manière dont André Gas résume son parcours. Alors que le jeune Marseillais est étudiant aux Beaux-Arts à Paris, Mai 68 vient changer ses plans. Il doit arrêter ses études. “Je vendais des tableaux et des gravures pour avoir de l’argent de poche. Puis sont venus les bijoux, j’en ai fait mon métier. Je voulais être artiste, je suis devenu artisan ! Je ne l’ai jamais regretté.” L’été, c’est sur les plages les plages du Sud qu’il vend ces bijoux qu’il fabrique. Puis il découvre Saint-Tropez et n’en partira plus. Il s’installe place de la Garonne : “Notre boutique porte-bonheur, un véritable navire amiral. Des clientes y ont pris leurs habitudes, puis leurs filles et maintenant leurs petites-filles !” Chaque année, sa fille Marie, directrice artistique de la marque, impulse de nouvelles tendances, crée des collections et imagine des bijoux. Des modèles spécifiques sont alors créés pour Saint-Tropez. “Nous sommes à l’écoute de ce qui plaît aux Tropéziennes” précise Olivier, son frère, PDG de la marque. “Nous fabriquons depuis toujours en flux tendu et nous contrôlons tout le système de fabrication, tout se fait à Marseille, à la main, dans l’atelier historique de mon père. Nous avons là des stocks de matières et matériaux, plumes, raphias, coquillages, perles… qu’il rapporte de ses voyages depuis 50 ans ! Chacun vient piocher dedans et apporte ses idées et sa créativité. Nous sommes restés une entreprise très artisanale.” Et c’est une réalité. Si ses bijoux se vendent de Marseille à Bordeaux, de New York à Milan et de Tokyo à Tel-Aviv, André Gas n’en a pas pour autant perdu le Sud. Il est toujours resté dans son atelier de bric et de broc. Et pour saisir toute la personnalité de Gas Bijoux, il faut venir sentir l’ambiance de ce lieu hors du temps, écouter les émailleuses, les soudeurs, la soixantaine d’artisans qui travaillent là, sur les hauteurs de Marseille, raconter leur quotidien au côté d’un créateur qui place la liberté, la tolérance et la coopération au dessus de tout. “Je leur dois beaucoup, certains sont là depuis plus de 30 ans.” Et si la marque Gas Bijoux est ce qu’elle est, André le clame haut et fort, c’est aussi grâce à Marie et Olivier. “Ils ont structuré les choses, apporté une modernité, créé la boutique en ligne. Ils sont doués, travailleurs, éthiques. J’ai beaucoup de chance.” Et le résultat est là. Les pièces qui sortent de l’atelier sont à l’image de leurs méthodes de fabrication : inattendues, généreuses et pleines de fantaisie.

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