Au fil des saisons, cette petite baraque est entrée dans le patrimoine au point qu’une légende court les ruelles du village de Saint-Tropez, assurant qu’elle serait classée monument historique. C’est ce qu’assurent Pierre et son épouse Magali, qui en sont, tout à la fois, les gardiens et le cœur battant. “C’est le frère de ma femme qui nous l’a cédée en 2006”, se remémore Pierre. Un passage de relais familial puisque cette fameuse cabane a toujours fait l’objet de transactions entre Tropéziens. “À la base, c’est Line Testannière qui a fondé la baraque et ça s’appelait Chez Line, raconte Pierre. On y venait pour les bonbons à 1 franc et pour les chichis frégis. Elle ne faisait que ça et c’était le passage obligé quand on revenait de l’école”, dit-il avec émotion. Les générations de propriétaires se sont succédé et la carte s’est enrichie de nouvelles propositions. “Nous, on propose des crêpes, gaufres, churros pour la partie sucrée et, pour le salé, plusieurs panini, des clubs sandwich, des burgers, kebabs et des pan bagnat” énumère le propriétaire insistant sur cette baraque ouverte 7 jours sur 7, “du 1er juin jusqu’aux Voiles” et 23 heures sur 24. La nuit, Pierre en a vu de toutes les couleurs, des Rolls Royce Phantom aux campeurs, des clubbers aux dragueurs, “le monde entier défile devant la Baraque” s’enthousiasme-t-il rappelant ce soir où il a servi Bruce Willis et cette “impressionnante” rencontre avec Snoop Dog. Mais la nuit la plus marquante restera celle avec Didier Deschamps, escorté de tous les joueurs de la Coupe du monde, venus faire une pause à la Baraque… La place des Lices est un emplacement stratégique. Le personnel de l’estaminet, sept personnes en tout, s’emploie à servir avec le sourire, vite et bien, une clientèle bouillonnante : “Le rush c’est midi, 20h et 5h du matin”, affirme le patron. Le matin, la dégustation d’un expresso accoudé au comptoir, accompagne le lever du soleil et le chant naissant des cigales dans les platanes. “J’ignore pourquoi cette baraque a été peinte en bleu, s’amuse Pierre. Mais ce bleu ne peut être changé ; j’achète la peinture chez un professionnel dans le village qui est le seul à me fournir cette teinte”. Avec un ticket moyen autour de 10 € boisson sans alcool compris, la Baraque bleu apparaît comme l’un des rapports les plus intéressants des environs. Beaucoup leur ont fait des offres mirobolantes mais Magali et Pierre ont toujours refusé de vendre leur échoppe : “C’est toute notre vie, notre bébé”, tranchent-ils en évoquant leurs enfants Oscar, César et Scarlett, respectivement 12, 9 et 5 ans. Peut-être perpétueront-ils un jour la tradition ?

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