Pourquoi créer un lieu dédié aux collections, à l’écart du musée principal ?
Le Mucem-Belle de Mai a été pensé comme un espace ouvert, accessible, ancré dans la ville. On y vient pour explorer ce qui, d’ordinaire, reste caché : les coulisses d’un musée, les gestes du quotidien qui entourent la conservation, le soin, l’étude. C’est un lieu vivant, traversé par des chercheur·ses, des étudiant·es, des artistes, des amateur·ices ou simplement des curieux·ses attiré·es par la matière des choses.
En quoi cette rencontre avec les objets diffère-t-elle d’une visite au musée ?
Ici, pas de mise en scène spectaculaire. Les objets apparaissent dans leur simplicité, juxtaposés de façon inattendue, car rangés pour être conservés avant tout. On peut consulter une œuvre, feuilleter une archive, se perdre dans une salle de lecture. Il y a aussi une salle d’exposition où l’on réinvente les regards sur les collections, une réserve accessible sur rendez-vous, qui condense la richesse matérielle et symbolique de près d’un million d’objets conservés.
Quels types d’objets trouve-t-on dans ces réserves ?
La collection embrasse la diversité du quotidien : jouets, outils, skateboards, instruments de musique, objets de culte, pratiques artisanales... On y retrouve des traces de vies, d’usages, de gestes. Chaque objet porte une histoire et soulève une foule de questions sur les façons d’habiter le monde, d’inventer, de transmettre. Ces formes passées peuvent nourrir la création contemporaine, tout autant qu’elles éclairent notre présent.
À quoi tient la beauté de ce lieu si peu connu ?
À sa générosité discrète. Ce n’est pas un coffre-fort, c’est un écrin. Il y a là une équipe qui veille, documente, restaure, accueille. Le lieu se transforme en espace de recherche, de partage, de circulation entre les savoirs. Il invite à ralentir, à regarder autrement. Et à se laisser surprendre par les choses les plus simples, les plus proches, parfois les plus poignantes.


