C’est un restaurant au calme, spectateur de l’agitation de la ville” dit d’Une Table au Sud, Ludovic Turac. Après y avoir été apprenti, le cuisinier a acquis cette adresse, la plus en vue du Vieux-Port, en janvier 2013. Bien lui en a pris car rien ne semble contrarier la course gastronomique de ce chef, à la tête d’une équipe de 15 personnes, formé auprès de Guy Savoy au Bristol, Christophe Bacquié au Castellet et Lionel Lévy. “Plus les années passent et plus je puise mon influence en Méditerranée”, explique le cuisinier sensible aux œillades des gastronomies du Levant et d’Asie mineure. Personne mieux que Turac ne raconte Marseille : un aïoli à sa façon, des rougets des côtes nappés d’une réduction de gardianne de taureau, un œuf de roche dans l’idée d’une bouillabaisse borgne. De Jérusalem à Istanbul, d’Alba à Shangaï, le chef imagine les plats de l’ailleurs avec des produits d’ici, parfaite illustration d’un style marseillais né de l’assimilation. “Mon pêcheur de rougets, c’est Michel Mendella et l’huile d’olive des Baux-de-Provence est produite par Xavier Alazard ”, révèle Turac en pointant du doigt les légumes de Martine Tardieu à la Fare-les-Oliviers. Autant de noms que d’amitiés. Pour mieux accueillir, surprendre et refléter le travail de la brigade, le restaurant a fait l’objet d’un relookage complet : “Je ne voulais aucun décalage entre ce que nous servons et la salle que nous avons pensée comme un écrin, explique Ludovic Turac. Nous avons misé sur la sobriété, un esprit actuel et des tonalités de bleu pour venir en écho à la mer”. Comme le soleil rasant sur l’horizon, les agrumes affleurent dans chaque plat, de la bergamote, de la fleur d’oranger et des kumquats, “parfaits pour twister une recette”. Il n’y a rien de mieux pour arrimer au sud, une table.

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